From 729801488059cdd1bc5e7a780353f3f10dee8856 Mon Sep 17 00:00:00 2001 From: Thomas Constans Date: Tue, 18 May 2021 13:36:50 +0200 Subject: [PATCH] atelier 2 --- Readme.md | 10 ++- text.txt | 189 ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++ wait.sh | 0 wait2.sh | 6 ++ 4 files changed, 204 insertions(+), 1 deletion(-) create mode 100644 text.txt mode change 100644 => 100755 wait.sh create mode 100755 wait2.sh diff --git a/Readme.md b/Readme.md index 7f9c93d..9d4e322 100644 --- a/Readme.md +++ b/Readme.md @@ -1,6 +1,6 @@ # Gestion des processus -## Atelier +## Atelier 1: gestion des processus Lancer le script wait.sh @@ -27,3 +27,11 @@ envoyez-lui un signal l'obligeant à se terminer ```bash kill -9 637876 # pid récupéré précédemment. ``` + +## Atelier 2: nohup + +Lancer le script wait2.sh afin qu'il continue de fonctionner une fois que vous êtes déconnectés. + +Déconnectez vous de votre session, puis reconnectez-vous + +Vérifier le fonctionnement du script, et le contenu du fichier nohup.out diff --git a/text.txt b/text.txt new file mode 100644 index 0000000..c9ceb4b --- /dev/null +++ b/text.txt @@ -0,0 +1,189 @@ +Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, +mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire : « Je +m’endors. » Et, une demi-heure après, la pensée qu’il était temps de chercher le +sommeil m’éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir encore +dans les mains et souffler ma lumière ; je n’avais pas cessé en dormant de faire +des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un +tour un peu particulier ; il me semblait que j’étais moi-même ce dont parlait +l’ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles +Quint. Cette croyance survivait pendant quelques secondes à mon réveil ; elle ne +choquait pas ma raison mais pesait comme des écailles sur mes yeux et les +empêchait de se rendre compte que le bougeoir n’était plus allumé. Puis elle +commençait à me devenir inintelligible, comme après la métempsycose les pensées +d’une existence antérieure ; le sujet du livre se détachait de moi, j’étais +libre de m’y appliquer ou non ; aussitôt je recouvrais la vue et j’étais bien +étonné de trouver autour de moi une obscurité, douce et reposante pour mes yeux, +mais peut-être plus encore pour mon esprit, à qui elle apparaissait comme une +chose sans cause, incompréhensible, comme une chose vraiment obscure. Je me +demandais quelle heure il pouvait être ; j’entendais le sifflement des trains +qui, plus ou moins éloigné, comme le chant d’un oiseau dans une forêt, relevant +les distances, me décrivait l’étendue de la campagne déserte où le voyageur se +hâte vers la station prochaine ; et le petit chemin qu’il suit va être gravé +dans son souvenir par l’excitation qu’il doit à des lieux nouveaux, à des actes +inaccoutumés, à la causerie récente et aux adieux sous la lampe étrangère qui le +suivent encore dans le silence de la nuit, à la douceur prochaine du retour. + +J’appuyais tendrement mes joues contre les belles joues de l’oreiller qui, +pleines et fraîches, sont comme les joues de notre enfance. Je frottais une +allumette pour regarder ma montre. Bientôt minuit. C’est l’instant où le malade, +qui a été obligé de partir en voyage et a dû coucher dans un hôtel inconnu, +réveillé par une crise, se réjouit en apercevant sous la porte une raie de jour. +Quel bonheur, c’est déjà le matin ! Dans un moment les domestiques seront levés, +il pourra sonner, on viendra lui porter secours. L’espérance d’être soulagé lui +donne du courage pour souffrir. Justement il a cru entendre des pas ; les pas se +rapprochent, puis s’éloignent. Et la raie de jour qui était sous sa porte a +disparu. C’est minuit ; on vient d’éteindre le gaz ; le dernier domestique est +parti et il faudra rester toute la nuit à souffrir sans remède. + +Je me rendormais, et parfois je n’avais plus que de courts réveils d’un instant, +le temps d’entendre les craquements organiques des boiseries, d’ouvrir les yeux +pour fixer le kaléidoscope de l’obscurité, de goûter grâce à une lueur +momentanée de conscience le sommeil où étaient plongés les meubles, la chambre, +le tout dont je n’étais qu’une petite partie et à l’insensibilité duquel je +retournais vite m’unir. Ou bien en dormant j’avais rejoint sans effort un âge à +jamais révolu de ma vie primitive, retrouvé telle de mes terreurs enfantines +comme celle que mon grand-oncle me tirât par mes boucles et qu’avait dissipée le +jour – date pour moi d’une ère nouvelle – où on les avait coupées. J’avais +oublié cet événement pendant mon sommeil, j’en retrouvais le souvenir aussitôt +que j’avais réussi à m’éveiller pour échapper aux mains de mon grand-oncle, mais +par mesure de précaution j’entourais complètement ma tête de mon oreiller avant +de retourner dans le monde des rêves. + +Quelquefois, comme Ève naquit d’une côte d’Adam, une femme naissait pendant mon +sommeil d’une fausse position de ma cuisse. Formée du plaisir que j’étais sur le +point de goûter, je m’imaginais que c’était elle qui me l’offrait. Mon corps qui +sentait dans le sien ma propre chaleur voulait s’y rejoindre, je m’éveillais. Le +reste des humains m’apparaissait comme bien lointain auprès de cette femme que +j’avais quittée il y avait quelques moments à peine ; ma joue était chaude +encore de son baiser, mon corps courbaturé par le poids de sa taille. Si, comme +il arrivait quelquefois, elle avait les traits d’une femme que j’avais connue +dans la vie, j’allais me donner tout entier à ce but : la retrouver, comme ceux +qui partent en voyage pour voir de leurs yeux une cité désirée et s’imaginent +qu’on peut goûter dans une réalité le charme du songe. Peu à peu son souvenir +s’évanouissait, j’avais oublié la fille de mon rêve. + +Un homme qui dort, tient en cercle autour de lui le fil des heures, l’ordre des +années et des mondes. Il les consulte d’instinct en s’éveillant et y lit en une +seconde le point de la terre qu’il occupe, le temps qui s’est écoulé jusqu’à son +réveil ; mais leurs rangs peuvent se mêler, se rompre. Que vers le matin après +quelque insomnie, le sommeil le prenne en train de lire, dans une posture trop +différente de celle où il dort habituellement, il suffit de son bras soulevé +pour arrêter et faire reculer le soleil, et à la première minute de son réveil, +il ne saura plus l’heure, il estimera qu’il vient à peine de se coucher. Que +s’il s’assoupit dans une position encore plus déplacée et divergente, par +exemple après dîner assis dans un fauteuil, alors le bouleversement sera complet +dans les mondes désorbités, le fauteuil magique le fera voyager à toute vitesse +dans le temps et dans l’espace, et au moment d’ouvrir les paupières, il se +croira couché quelques mois plus tôt dans une autre contrée. Mais il suffisait +que, dans mon lit même, mon sommeil fût profond et détendît entièrement mon +esprit ; alors celui-ci lâchait le plan du lieu où je m’étais endormi, et quand +je m’éveillais au milieu de la nuit, comme j’ignorais où je me trouvais, je ne +savais même pas au premier instant qui j’étais ; j’avais seulement dans sa +simplicité première, le sentiment de l’existence comme il peut frémir au fond +d’un animal ; j’étais plus dénué que l’homme des cavernes ; mais alors le +souvenir – non encore du lieu où j’étais, mais de quelques-uns de ceux que +j’avais habités et où j’aurais pu être – venait à moi comme un secours d’en haut +pour me tirer du néant d’où je n’aurais pu sortir tout seul ; je passais en une +seconde par-dessus des siècles de civilisation, et l’image confusément entrevue +de lampes à pétrole, puis de chemises à col rabattu, recomposaient peu à peu les +traits originaux de mon moi. + +Peut-être l’immobilité des choses autour de nous leur est-elle imposée par notre +certitude que ce sont elles et non pas d’autres, par l’immobilité de notre +pensée en face d’elles. Toujours est-il que, quand je me réveillais ainsi, mon +esprit s’agitant pour chercher, sans y réussir, à savoir où j’étais, tout +tournait autour de moi dans l’obscurité, les choses, les pays, les années. Mon +corps, trop engourdi pour remuer, cherchait, d’après la forme de sa fatigue, à +repérer la position de ses membres pour en induire la direction du mur, la place +des meubles, pour reconstruire et pour nommer la demeure où il se trouvait. Sa +mémoire, la mémoire de ses côtes, de ses genoux, de ses épaules, lui présentait +successivement plusieurs des chambres où il avait dormi, tandis qu’autour de lui +les murs invisibles, changeant de place selon la forme de la pièce imaginée, +tourbillonnaient dans les ténèbres. Et avant même que ma pensée, qui hésitait au +seuil des temps et des formes, eût identifié le logis en rapprochant les +circonstances, lui, – mon corps, – se rappelait pour chacun le genre du lit, la +place des portes, la prise de jour des fenêtres, l’existence d’un couloir, avec +la pensée que j’avais en m’y endormant et que je retrouvais au réveil. Mon côté +ankylosé, cherchant à deviner son orientation, s’imaginait, par exemple, allongé +face au mur dans un grand lit à baldaquin et aussitôt je me disais : « Tiens, +j’ai fini par m’endormir quoique maman ne soit pas venue me dire bonsoir », +j’étais à la campagne chez mon grand-père, mort depuis bien des années ; et mon +corps, le côté sur lequel je reposais, gardiens fidèles d’un passé que mon +esprit n’aurait jamais dû oublier, me rappelaient la flamme de la veilleuse de +verre de Bohême, en forme d’urne, suspendue au plafond par des chaînettes, la +cheminée en marbre de Sienne, dans ma chambre à coucher de Combray, chez mes +grands-parents, en des jours lointains qu’en ce moment je me figurais actuels +sans me les représenter exactement et que je reverrais mieux tout à l’heure +quand je serais tout à fait éveillé. + +Puis renaissait le souvenir d’une nouvelle attitude ; le mur filait dans une +autre direction : j’étais dans ma chambre chez Mme de Saint-Loup, à la campagne +; mon Dieu ! il est au moins dix heures, on doit avoir fini de dîner ! J’aurai +trop prolongé la sieste que je fais tous les soirs en rentrant de ma promenade +avec Mme de Saint-Loup, avant d’endosser mon habit. Car bien des années ont +passé depuis Combray, où, dans nos retours les plus tardifs, c’étaient les +reflets rouges du couchant que je voyais sur le vitrage de ma fenêtre. C’est un +autre genre de vie qu’on mène à Tansonville, chez Mme de Saint-Loup, un autre +genre de plaisir que je trouve à ne sortir qu’à la nuit, à suivre au clair de +lune ces chemins où je jouais jadis au soleil ; et la chambre où je me serai +endormi au lieu de m’habiller pour le dîner, de loin je l’aperçois, quand nous +rentrons, traversée par les feux de la lampe, seul phare dans la nuit. + +Ces évocations tournoyantes et confuses ne duraient jamais que quelques secondes +; souvent, ma brève incertitude du lieu où je me trouvais ne distinguait pas +mieux les unes des autres les diverses suppositions dont elle était faite, que +nous n’isolons, en voyant un cheval courir, les positions successives que nous +montre le kinétoscope. Mais j’avais revu tantôt l’une, tantôt l’autre, des +chambres que j’avais habitées dans ma vie, et je finissais par me les rappeler +toutes dans les longues rêveries qui suivaient mon réveil ; chambres d’hiver où +quand on est couché, on se blottit la tête dans un nid qu’on se tresse avec les +choses les plus disparates : un coin de l’oreiller, le haut des couvertures, un +bout de châle, le bord du lit, et un numéro des Débats roses, qu’on finit par +cimenter ensemble selon la technique des oiseaux en s’y appuyant indéfiniment ; +où, par un temps glacial le plaisir qu’on goûte est de se sentir séparé du +dehors (comme l’hirondelle de mer qui a son nid au fond d’un souterrain dans la +chaleur de la terre), et où, le feu étant entretenu toute la nuit dans la +cheminée, on dort dans un grand manteau d’air chaud et fumeux, traversé des +lueurs des tisons qui se rallument, sorte d’impalpable alcôve, de chaude caverne +creusée au sein de la chambre même, zone ardente et mobile en ses contours +thermiques, aérée de souffles qui nous rafraîchissent la figure et viennent des +angles, des parties voisines de la fenêtre ou éloignées du foyer, et qui se sont +refroidies ; – chambres d’été où l’on aime être uni à la nuit tiède, où le clair +de lune appuyé aux volets entrouverts, jette jusqu’au pied du lit son échelle +enchantée, où on dort presque en plein air, comme la mésange balancée par la +brise à la pointe d’un rayon ; – parfois la chambre Louis XVI, si gaie que même +le premier soir je n’y avais pas été trop malheureux et où les colonnettes qui +soutenaient légèrement le plafond s’écartaient avec tant de grâce pour montrer +et réserver la place du lit ; parfois au contraire celle, petite et si élevée de +plafond, creusée en forme de pyramide dans la hauteur de deux étages et +partiellement revêtue d’acajou, où dès la première seconde j’avais été intoxiqué +moralement par l’odeur inconnue du vétiver, convaincu de l’hostilité des rideaux +violets et de l’insolente indifférence de la pendule qui jacassait tout haut +comme si je n’eusse pas été là ; – où une étrange et impitoyable glace à pieds +quadrangulaire, barrant obliquement un des angles de la pièce, se creusait à vif +dans la douce plénitude de mon champ visuel accoutumé un emplacement qui n’était +pas prévu ; – où ma pensée, s’efforçant pendant des heures de se disloquer, de +s’étirer en hauteur pour prendre exactement la forme de la chambre et arriver à +remplir jusqu’en haut son gigantesque entonnoir, avait souffert bien de dures +nuits, tandis que j’étais étendu dans mon lit, les yeux levés, l’oreille +anxieuse, la narine rétive, le coeur battant : jusqu’à ce que l’habitude eût +changé la couleur des rideaux, fait taire la pendule, enseigné la pitié à la +glace oblique et cruelle, dissimulé, sinon chassé complètement, l’odeur du +vétiver et notablement diminué la hauteur apparente du plafond. L’habitude ! +aménageuse habile mais bien lente et qui commence par laisser souffrir notre +esprit pendant des semaines dans une installation provisoire ; mais que malgré +tout il est bien heureux de trouver, car sans l’habitude et réduit à ses seuls +moyens il serait impuissant à nous rendre un logis habitable. + +Certes, j’étais bien éveillé maintenant, mon corps avait viré une dernière fois +et le bon ange de la certitude avait tout arrêté autour de moi, m’avait couché +sous mes couvertures, dans ma chambre, et avait mis approximativement à leur +place dans l’obscurité ma commode, mon bureau, ma cheminée, la fenêtre sur la +rue et les deux portes. Mais j’avais beau savoir que je n’étais pas dans les +demeures dont l’ignorance du réveil m’avait en un instant sinon présenté l’image +distincte, du moins fait croire la présence possible, le branle était donné à ma +mémoire ; généralement je ne cherchais pas à me rendormir tout de suite ; je +passais la plus grande partie de la nuit à me rappeler notre vie d’autrefois, à +Combray chez ma grand-tante, à Balbec, à Paris, à Doncières, à Venise, ailleurs +encore, à me rappeler les lieux, les personnes que j’y avais connues, ce que +j’avais vu d’elles, ce qu’on m’en avait raconté. \ No newline at end of file diff --git a/wait.sh b/wait.sh old mode 100644 new mode 100755 diff --git a/wait2.sh b/wait2.sh new file mode 100755 index 0000000..8467f8a --- /dev/null +++ b/wait2.sh @@ -0,0 +1,6 @@ +#! /bin/bash + +while read line ; do + echo $line + sleep 2 +done < text.txt \ No newline at end of file